




L'extraction

Les carrières situées Route de St Leu
Deux exploitations situées proches l’une de l’autre ayant les mêmes caractéristiques géologiques sont creusées le long du chemin privé, prolongé par le chemin communal.
On ne connaît pas la date du début d'exploitation industrielle de cette carrière. Les premières annotations datent du XVIIème siècle et un arrêté municipal en date du 6 février 1855 en règle le fonctionnement.
La partie la plus importante est composée de deux carrières, reliées entre-elles au lieudit "Les carrières". Il s’agit de La carrière de la Conception qui en 1669 portait le nom de M. de Chabert, seigneur de Thiverny.
​
​
​
​
​
​
​
​
​
​
​
​
L’exploitation est constituée d’une galerie allant jusqu’à 200 mètres de profondeur pour une largeur moyenne de 7 m et une hauteur de 4 à 6m et de salles annexes. Cette carrière possède plusieurs entrées : l’entrée principale qui correspond à la grande galerie, à sa droite, à une centaine de mètres de celle-ci l’entrée dite des « Vieilles bouches ». Ces deux entrées datent de la période d’exploitation de la pierre. Pour créer une issue de secours, un troisième accès a été commencé par le Génie Militaire Français en 1939/1940. Celui-ci a été achevé par les civils et débouche dans le bois près du cimetière.
​
On retrouve la trace de cette carrière lorsque l’extraction par galeries souterraines a
présenté des dangers (éboulements signalés) ; cela a conduit l'Inspecteur des carrières
de l'Oise à demander l'interdiction d'entrer le 27 mars 1830.
​
​
La seconde partie, séparée d'une centaine de mètres de la première est la carrière Saint-Germain.
Elle est située au lieudit « Sous la Carrière Saint Germain ». Cette carrière qui existait déjà en 1669 semble avoir été seulement un début d’exploitation. Une très petite galerie (quelques mètres) a été habitée par une famille de troglodytes jusque dans les années 1942. Depuis 1973 l’accès et l’environnement extérieur a subi d’importantes modifications
La pierre, du calcaire grossier, était transportée sur des chariots par un chemin dénommé "Leuce" ou "Chaussée des carrières à la rivière". Ce chemin reliait l'entrée des carrières à la rive de l'Oise en un lieu-dit appelé Port aux Pierres, pas très loin du pont Laversine. Ce chemin a été supprimé en 1915 par les militaires pour réaliser l'extension de la gare régulatrice de Creil. Ceci a été entériné en 1924 pour permettre à la Compagnie du Nord de construire la gare de triage du Petit-Thérain.
On retrouve en 1930 dans « le cours des matériaux de constructions », la valeur de la pierre de Taille (1er choix) pour Thiverny (260 pour du banc royal) et les communes avoisinantes : Cramoisy (290 pour de la roche douce), Saint-Leu (260 pour du banc royal), Saint-Waast-lès-Mello (290 pour du banc royal) et Saint-Maximin (345 pour du banc royal).
Après l’arrêt de l'extraction de la pierre, les galeries de cette carrière, comme beaucoup dans la région, ont été reconverties en champignonnière.
Jusque dans les années 1942 la carrière Saint Germain a été habitée par une famille de troglodytes.
Pendant la seconde guerre mondiale, ces carrières ont été utilisées par les habitants du Petit-Thérain en abris antiaériens. Certaines familles, dont la nôtre, y ont vécu en permanence pendant plusieurs mois.
En 1944 des bombes sont tombées au-dessus de l'entrée principale et des "Vieilles bouches", occasionnant des chutes de pierres de la voûte.
Aujourd’hui l’entrée de ces carrières sont murées afin d’en interdire l’accès. Une des carrières sert de déversoir aux eaux pluviales en provenance de la plaine.
​
​
Carrière située rue Pasteur anciennement rue de la Cavée. Carrière située au lieudit « Au Dessus du Bois »
​
Cette petite carrière a fait l'objet d'une déclaration d'exploitation datée du 4 juin 1914. L'extraction a peu durée, une seule galerie peu profonde. Actuellement utilisée en bassin de rétention pour les eaux pluviales provenant du plateau via la cavée.
​
​
​
​
​
​
​
​
​
​
​
​
​
​
Carrières situées à la limite de Cramoisy au lieu-dit " Montmenton "
L'autorisation d'exploitation date de 1867. La pierre extraite, un vergelet très fin, occupe un banc d'une hauteur d'environ 12 mètres.
Cette carrière a la particularité d'avoir des galeries superposées ce qui la rend dangereuse, d'où l’interdiction d'exploitation demandée par la Préfecture dès 1902. Il est signalé des reprises d’exploitation en 1904, 1906, 1909 et 1911. L'arrêt définitif devant se situer vers 1920.
L'expédition du produit a pu se faire par voies ferrées, la gare de Montataire était équipée d'un portique pour la manutention des lourdes charges. Un accès direct rue André Ginisti avait été créé. Un stock de pierre y a séjourné plusieurs années.
Après l'arrêt d'exploitation de la pierre, ces carrières ont pendant de longues années été utilisées pour la culture des champignons de couche dit « champignon de Paris » avec les mêmes procédés utilisés dans la carrière de la Conception. Cette culture a été arrêtée en 1940 puis reprise dans les années 50 pour s’arrêter définitivement quelques années plus tard.
De la même façon que pour les carrières situées le long de la route de Saint-Leu, alors que les bombardements alliés redoublaient en 1944, la population de du bourg de Thiverny s’est réfugiée et vivait dans cette carrière qui constituait un abri anti-aérien naturel. Elle a été rejointe par celle de la route de Saint-Leu ; cette dernière ne pouvant plus rester sur leur secteur et avait été refoulé de Sous-Rivière par l’occupant Nazi.
Toutes les activités industrielles en relation avec ces carrières sont maintenant arrêtées. Il n’y a pas eu de reconversion comme cela a pu être fait à Saint-Maximin en site d’escalade « Le Larris » https://www.ffme.fr/site/falaise-fiche/1447.html
​
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
La Construction moderne. Cours officiels des matériaux de construction. (Extrait du Moniteur Général). 1932/12/11.


